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Hitch your wagon to a star

Les Misérables (2) / Victor Hugo البؤساء (2) لفيكتور هيغو

Qui est Jean Valjean?

Tout jeune, Jean Valjean a perdu! sa mère et son père. Sa mère est morte d'une fièvre mal soignée. Son père s'est tué en tombant d'un arbre. Il est resté seulement à Jean Valjean une sœur plus âgée que lui, avec ses enfants. Cette sœur élève Jean Valjean. À la mort de son mari, Jean le remplace. Il a alors vingt-quatre ans et les enfants de sa sœur ont de huit à un ans. Il gagne quelque argent à couper des arbres, puis comme moissonneur. Sa sœur travaille de son côté, mais que faire avec sept petits enfants? Le malheur vient sur eux. Un hiver plus froid que les autres, Jean reste sans travail. La famille n'a pas de pain et il y a sept enfants.

Un dimanche soir, Maubert Isabeau, boulanger sur la place de l'Église à Faverolles, va se coucher quand il entend en bas un coup dans la vitre de sa boutique. Il arrive à temps pour voir un bras passer à travers un trou fait d'un coup de poing. Le bras prend un pain et l'emporte. Isabeau sort vite et arrête le voleur. Celui-ci a jeté le pain, mais il a encore le bras en sang. C'est Jean Valjean.

Cela se passe en 1793. Jean Valjean est condamné à cinq ans de prison... Le 22 avril 1796, une grande chaîne est formée. Jean Valjean fait partie de cette chaîne. Il est assis à terre comme tous les autres. Il paraît ne rien comprendre à ce qui lui arrive. Pendant qu'on attache la chaîne à grands coups de marteau derrière sa tête, il pleure et ne sait que répéter : « Je suis un ouvrier de Faverolles. »

من هو جان فالجان؟

صغيرا، فقد جان فالجان أمه وأباه. ماتت أمه من حمى لم تعالج كما يجب، وقُتل أبوه بسقوطه من شجرة. بقيت لجان فالجان أخت فقط أكبر منه سنا، مع أطفالها. ربت هذه الأخت جان فالجان. وبعد موت زوجها،حل جان محله.كان عمره عند ذلك أربعا وعشرين سنة، وعمر أطفال أخته ثماني سنوات إلى سنة واحدة.كان يكسب بعض النقود بتقطيع الشجر، ثم كحصاد.وكانت أخته تعمل من جهتها، ولكن ما العمل مع سبعة أطفال صغار؟ جاءتهم التعاسة. في شتاء أكثر بردا من أي شتاء آخر، قعد جان دون عمل، ولم يعد للأسرة خبز، وهناك الأطفال السبعة.

في مساء أحد، ذهب موبير ايزابو، فران على ساحة الكنيسة في فافرول، لينام عندما سمع تحت ضربة في زجاج دكانه. جاء دون تأخير ليرى ذراعا تمر عبر ثقب صنعته ضربة من قبضة يد. أخذت الذراع رغيفا، وحملته. خرج ايزابو بسرعة، وأوقف اللص، فترك هذا الرغيف يسقط، لكن لم تزل ذراعه ملأى بالدم. كان جان فالجان.

حصل ذلك في 1793. حُكم على جان فالجان بالسجن خمس سنوات… في 22 أبريل 1796، رُبطت مجموعة من المساجين في سلسلة كبيرة كان جان فالجان جزءا من هذه السلسلة. كان يجلس على الأرض ككل الآخرين، وكان يبدو عليه أنه لا يفهم شيئا مما يجري له. بينما يربط رجال الدرك السلسلة بضربات كبيرة من مطرقة

خلف رأسه، كان يبكي ولا يعرف إلا ترداد: "أنا عامل من فافرول."


Jean Valjean part pour Toulon. Il y arrive après un voyage de vingt-sept jours, la chaîne au cou. À Toulon, il est habillé d'une veste rouge. Tout s'effacez de ce qui a été sa vie, jusqu'à son nom; il n'est même plus Jean Valjean, il est le numéro 24601. Que devient la sœur ? Que deviennent les sept enfants ?


ذهب جان فالجان إلى طولون، ووصلها بعد سفر دام سبعة وعشرين يوما، والسلسلة حول عنقه. في طولون، ارتدى سترة حمراء، وامحى كل شيء مما كان حياته، حتى اسمه، فلم يعد جان فالجان، إنه الرقم 24601. ماذا غدت الأخت؟ ماذا غدا الأطفال السبعة؟

Que s'est-il passé dans cette âme ?

Jean Valjean commence par se juger lui-même. Ce pain qu'il a volé, il pouvait le demander ou attendre. On peut souffrir longtemps et beaucoup sans mourir, mais il est rare qu'on meure de faim. Il a eu tort et il reconnaît sa faute.

Puis il se demande s'il est le seul qui ait tort dans cette triste histoire ? N'est-ce pas une chose mauvaise que, lui, travailleur, ait manqué de travail, manqué de pain ? Après la faute, la punition n’a-t-elle pas été trop forte ? Les hommes lui ont fait du mal. Ils l'ont touché seulement pour le blesser. Jean Valjean croit que la vie est une guerre et que dans cette guerre il a perdu.

Cela est triste à dire; après avoir jugé les hommes qui ont fait son malheur, il juge celui qui a fait les hommes. Ille condamne aussi.

Nous ne devons pas oublier d'écrire qu'il est le plus fort de tous les prisonniers. Il lève et peut porter de très grands poids ! Ses camarades entre eux l'appellent Jean le Cric. Il est aussi adroit qu'il est fort ; passer d'un étage à un autre comme un chat est aussi pour lui un jeu. Il n'a besoin pour monter que d'un coin de mur, de ses mains, de ses pieds, de ses coudes et de ses genoux.

Jean Valjean, à sa sortie de prison, n'est plus le jeune homme qui pleurait. Il peut maintenant faire le mal pour le plaisir de rendre celui qu'on lui a fait. Il peut surtout le faire par haine de toute loi et de tout être vivant, même contre les bons et les justes, s'il y en a. Jean Valjean, c'est vrai, est « un homme très dangereux ».


ما الذي حصل في رأسه؟



بدأ جان فالجان بمحاكمة ذاته. ذلك الرغيف الذي سرقه، كان بإمكانه طلبه أو الإنتظار. بإمكاننا التألم طويلا وكثيرا دون الموت، ولكن من النادر أن نموت من الجوع. لقد كان مخطئا وأقر بذنبه.

ثم تساءل إذا ما كان الوحيد الذي كان مخطئا في هذه القصة المحزنة؟ أليس شيئا رديئا أن يفقد، هو، العامل، عمله، أن يفقد الخبز؟ بالنسبة للمذنب، ألم تكن العقوبة جِد شديدة؟ لقد أساء الناس إليه، وهم أصابوه فقط من أجل أن يجرحوه.اعتقد جان فالجان أن الحياة حرب، وفي تلك الحرب كانت الخسارة من نصيبه.

كان من المحزن قول ذلك؛ بعدما حاكم الناس الذين صنعوا بؤسه، ها هو يحاكم من صنع الناس، ويدينه.

علينا ألا ننسى كتابة أنه كان أقوى السجناء جميعا، كان يرفع ويمكنه حمل أوزان كبيرة جدا، ورفاقه فيما بينهم كانوا يسمونه جان الرافعة.كان رشيقا بقدر ما كان قويا؛ أن يمضي من طابق إلى آخر مثل قط كان له ذلك أيضا بمثابة لعبة.لم تكن به حاجة للصعود إلا لزاوية في حائط، ليديه، لقدميه، لمرفقيه ولركبتيه.

عند خروجه من السجن، لم يعد جان فالجان الشاب الذي كان يبكي، فهو يمكنه الآن الأذى من أجل لذة إعادة ما فعله به الآخرون.ويمكنه على الخصوص أن يقوم به بدافع حقده على كل قانون وكل كائن حي، حتى ضد الطيبين والعادلين، إذا ما وجد. حقا، كان جان فالجان "رجلا خطيرا جدا".


Le pardon


Le lendemain, au soleil levant, Monseigneur Myriel se promène dans son jardin. Mme Magloire court vers lui.

« Monseigneur, Monseigneur, crie-t-elle, savez-vous où est le panier d'argenterie ?

- Oui, dit l'évêque.

- Dieu est bon ! répond-elle. Je ne savais pas ce qu'il était devenu. »

L'évêque vient de ramasser le panier dans l'herbe. Il le présente à Mme Magloire...

« Le voilà.

-Eh bien ? dit-elle. Rien dedans ! Et l'argenterie ?

- Ah ! répond l'évêque. C'est donc l'argenterie qui vous occupe. Je ne sais pas où elle est.

- Grand bon Dieu ! Elle est volée. C'est l'homme d'hier soir qui l'a volée... »

L'évêque reste silencieux un moment, puis il dit à Madame Magloire avec douceur :

« Et d'abord, cette argenterie était-elle à nous? »

Madame Magloire reste muette. Il y a encore un silence, puis l'évêque continue :

« Mme Magloire, j'avais depuis longtemps cette argenterie. Elle devait aller aux pauvres. Qui était cet homme ? Un pauvre, c'est sûr. »

À ce moment, on frappe à la porte.

« Entrez », dit l'évêque...

La porte s'ouvre. Un groupe apparaît. Trois hommes en tiennent un quatrième. Les trois hommes sont des gendarmes, l'autre est Jean Valjean.

العفو

في الغد، مع شروق الشمس، كان سيدنا ميرييل يتنزه في حديقته، فركضت السيدة ماغلوار باتجاهه، وصاحت:

"سيدنا، سيدنا، هل تعرف أين سلة الأواني الفضية؟ - أعرف، قال الأسقف.- الله ما أحسنه! أجابت. لم أكن أعرف ما آلت إليه."

كان الأسقف قد التقط السلة الملقاة في العشب لتوه، وقدمها للسيدة ماغلوار.

"ها هي. - وبعدُ؟ قالت. لا شيء فيها! والفضيات؟ - آه! أجاب الأسقف. إنها الفضيات إذن التي تشغلك. أنا لا أعلم أينها. - يا ربي الطيب الكبير! لقد سُرقت. إنه رجل مساء أمس الذي سرقها… "

بقي الأسقف صامتاً لحظةً، ثم قال للسيدة ماغلوار بلطف:"وأول ذي بدء، هل كانت هذه الأواني الفضية لنا؟"

بقيت السيدة ماغلوار بكماء لا يمكنها الكلام، ولما يزل الصمت يخيم، ثم أضاف الأسقف: "مدام ماغلوار كانت لي هذه الفضيات منذ زمن بعيد، وكان من اللازم أن تذهب للفقراء، فمن كان ذلك الرجل؟ إنه فقير على التأكيد."

في تلك اللحظة، طُرِقَ الباب.

"أدخل"، قال الأسقف…

انفتح الباب، وظهرت مجموعة من الناس: ثلاثة رجال يقبضون على رايع. كان الثلاثة رجال من رجال الدرك، والآخر جان فالجان فالجان.


Monseigneur Myriel s'avance vers lui aussi vite que son grand âge le lui permet.

« Ah ! vous voilà! s'écrie-t-il en regardant Jean Valjean. Je suis bien content de vous voir. Eh bien ! Mais je vous ai donné les chandeliers aussi, qui sont en argent comme le reste et qui valent aussi deux cents francs. Pourquoi ne les avez-vous pas emportés avec les cuillers et les fourchettes ? »

Jean Valjean regarde l'évêque sans comprendre.

« Monseigneur, dit le chef des gendarmes, ce que cet homme dit est donc vrai ? Il passait. Nous l'avons arrêté pourvoir. Il avait cette argenterie... - Et il vous a dit qu'elle lui a été donnée par un vieux prêtre, dans une maison où il a passé la nuit ? Et vous l'avez ramené ici ? Vous vous êtes trompés. - Alors, répond le gendarme, nous pouvons le laisser aller ? - Sans doute », répond l'évêque.

Les gendarmes laissent aller Jean Valjean qui recule.

« Est-ce que c'est vrai qu'on me laisse ? dit- il d'une voix sourd et comme s'il parlait dans son sommeil. - Oui, on te laisse, tu n'entends donc pas? dit un gendarme. - Mon ami, reprend l'évêque, avant de vous en aller, voici vos chandeliers. Prenez-les. »

Et il les apporte lui-même à Jean Valjean.

Celui-ci les prend. Il a l'air de ne pas comprendre encore ce qui lui arrive. Il est comme un homme qui va tomber. L'évêque vient à lui, et dit à voix basse :

« Maintenant allez en paix, mais n'oubliez jamais que vous devez employer cet argent à devenir un homme bon. »


تقدم سيدنا ميرييل منه بالسرعة التي تسمح بها سِنُّهُ الكبير.

"آه! ها أنت ذا! صاح وهو ينظر إلى جان فالجان. أنا سعيد جدا لرؤيتك. وإذن! لكني أعطيتك الشمعدانين أيضا، اللذين هما من الفضة كالباقي، واللذين يساويان هما أيضا مائتي فرنك. لماذا لم تأخذهما مع الملاعق والشوك؟"

نظر جان فالجان إلى القس دون أن يفهم.

"سيدنا، قال رئيس الدرك، ما يقوله هذا الرجل إذن صحيح؟ كان يمضي، فأوقفناه لنرى، وكانت لديه هذه الفضيات.

- وهل قال لكم إنها أُعطيت له من طرف قس عجوز، في بيت قضى فيه الليل؟ وأتيتم به هنا؟ لقد أخطأتم.

- إذن، أجاب الدركي، يمكننا أن نتركه يذهب؟

- بلا شك"، أجاب الأسقف.

ترك رجال الدرك جان فالجان يذهب وهذا يرتد إلى الوراء.

"هل صحيح أنكم تتركوني؟ قال بصوت بهيم وكأنه يتكلم في نومه. - نعم، نتركك، ألا تسمع إذن؟ قال أحد رجال الدرك.- يا صديقي، عاد الأسقف إلى القول، قبل أن تذهب، ها هما شمعداناك. خذهما."

وحملهما بنفسه لجان فالجان.

أخذهما هذا، بهيئة من لا يفهم بعد ما يجري له، كمن سيسقط أرضا. جاءه الأسقف، وقال بصوت منخفض:

"إذهب الآن بسلام، ولكن إياك أن تنسى أن عليك استعمال هذه النقود لتصبح رجلا صالحا."

Une mère qui en rencontre une autre

Il y avait entre 1800 et 1823, à Montfermeil, près de Paris, une sorte d’hôtel pauvre tenu alors par des gens appelés Thénardier, mari et femme. Devant cet hôtel, un soir de printemps de 1818, une très grosse voiture, faite pour tirer des arbres, est arrêtée. Dessous, des chaînes pendent, et, sur l'une d'elles, sont assises, ce soir-là, deux petites filles. L'une a environ deux ans et demi, l'autre dix-huit mois. La plus petite est dans les bras de la plus grande. Un morceau de tissu adroitement mis les empêche de tomber. Une mère a vu cette chaîne et a dit :

« Tiens ! voilà un jouet pour mes enfants. »

Les deux enfants, bien habillées, ont l'air heureuses. Leurs yeux brillent. Elles rient. L'une est très brune, l'autre l'est moins. À quelques pas, assise à l'entrée de l'hôtel, la mère tire sur la chaîne. Les petites filles rient. Le soleil couchant les éclaire.

Tout en tirant sur la chaîne, la mère chante. Sa chanson et ses deux petites filles l'empêchent d'entendre et de voir ce qui se passe dans la rue. Cependant, quelqu'un est arrivé près d'elle et tout à coup elle entend une voix qui lui dit :

«Vous avez là deux jolies enfants, madame. »

Une femme est à quelques pas. Cette femme, elle aussi, a un enfant qu'elle porte dans ses bras. Elle tient en plus un assez gros sac qui semble très lourd. L'enfant de cette femme est un des plus beaux qu'on puisse voir. C'est une fille de deux à trois ans.


أُم تلتقي بأخرى

بين 1800 و1823 كان في قرية مونفرميْ الواقعة قرب باريس شبه فندق فقير يديره في ذلك الوقت شخصان يدعوان تيناردييه، هما زوج وزوجة.

مقابل هذا الفندق، في إحدى أماسي ربيع 1818، توقفت عربة جِِد ضخمة صُنعت لسحب الأشجار.من تحتها سلاسل تتدلى، وعلى إحداها جلست في ذلك المساء، بنتان صغيرتان.للأولى سنتان ونصف تقريبا، وللثانية ثمانية عشر شهرا. كانت الصغرى بين ذراع الكبرى، وقطعة من القماش وُضعت بحذق كانت تمنعهما من الوقوع.رأت أُمٌ هذه السلسلة وقالت: "آه! ها هي ذي لعبة من أجل طفلتيّ."

كانت للطفلتين اللتين ترتديان ثيابا حسنة هيئة سعيدة، عيناهما تلمعان، وهما تضحكان، إحداهما سمراء كثيرا، والثانية أقل سمرة.على بُعد خطوات كانت الأم تسحب السلسلة، وهي جالسة على مدخل الفندق. كانت البنتان الصغيرتان تضحكان، وشمس الغروب تضيئهما.

وهي تسحب السلسلة، كانت الأم في الوقت نفسه تغني، وكانت أغنيتها وابنتاها تحول دون سماع أو رؤية ما يجري في الشارع. ومع ذلك، أحدهم قد وصل قربها، وعلى حين غرة سمعت صوتا يقول لها: "إن لديك ها هنا طفلتين جميلتين، يا سيدتي." كانت هناك امرأة على بعد خطوات، وكانت لهذه المرأة، هي أيضا، طفلة تحملها بين ذراعيها.وفوق هذا كانت تقبض على حقيبة كبيرة نوعا ما وكما يبدو جِد ثقيلة. كانت ابنة هذه المرأة واحدة من أجمل ما يمكننا رؤيته، وكان لها من العمر عامان أو ثلاثة.

Elle est joliment habillée. Elle porte du linge fin. Le pli de sa jupe laisse voir une petite jambe blanche et forte. Elle est rose. Ses joues ont l'air de pommes. Elle dort, comme on dort dans les bras d'une mère, profondément.

La mère, elle, a l'air pauvre et triste. Elle ressemble à une ouvrière qui redevient paysanne. Elle est jeune. Elle a été belle, mais il n'y paraît pas. Ses cheveux blonds semblent très épais, mais disparaissent sous un mouchoir, laid, serré, qui passe sous le menton. Ses yeux ne semblent pas être secs depuis bien longtemps. Elle doit être très fatiguée et un peu malade. Elle regarde sa fille endormie dans ses bras avec amour. Elle a' les mains brunes et les doigts durcis par le travail et l'aiguille. Sa robe est de toile. Elle porte de gros souliers. Cette femme qui s'appelle Fantine répète :

« Vous avez là deux jolies enfants, madame.»

La mère lève la tête, remercie et fait asseoir la passante sur le banc près de la porte. Les deux femmes parlent.

« Je m'appelle Mme Thénardier, dit alors la mère des deux petites filles. Nous tenons cet hôtel. »

Cette Mme Thénardier est une femme sèche, toute en os. Elle est jeune encore, elle a à peine trente ans. Debout, avec ses épaules d'homme et son air dur, elle ferait peur. Mais la voyageuse la voit assise. Une personne qui est assise au lieu d'être debout et voilà une vie changée !

La voyageuse raconte son histoire: elle est ouvrière; son mari est mort ; le travail manque à Paris ; elle a quitté Paris le matin même ; elle portait son enfant et elle s'est sentie fatiguée. Les deux femmes continuent de parler :


كانت لابسة بشكل جميل.كانت ترتدي ملابس داخلية ناعمة، وقد تركت ثنية تنورتها للنظر ساقا صغيرة بيضاء وقوية.كانت بلون الورد، ولوجنتيها شكل التفاح.كانت تنام، كما ينام المرء بين ذراعي أُم، بعمق.

أما المرأة، هي، فقد ظهرت بمظهر فقير وحزين. كانت تشبه عاملة غدت فلاحة. كانت شابة.كانت في الماضي جميلة، ولكن لا يظهر عليها ذلك.كان شعرها الأشقر يبدو جِد كث، لكنه يختفي تحت منديل بشع مشدود يمضي تحت الذقن.ولم تكن عيناها تبدوان جافتين منذ زمن طويل.كانت حتما جِد تعبة ومريضة بعض الشيء.كانت تنظر إلى ابنتها النائمة بين ذراعيها بحب، وكانت لها يدان سمراوان وأصابع تيبست من العمل وشغل الإبرة. كان فستانها من نسيج الكتان أو القطن، وكانت تلبس حذاء ضخما.أعادت المرأة التي كان اسمها فانتين: "إن لديك ها هنا طفلتين جميلتين، يا سيدتي."رفعت الأم رأسها، شكرت، وجعلت العابرة تجلس على المقعد قرب الباب. أخذت المرأتان تتكلمان، قالت عند ذلك أُم البنتين الصغيرتين: "اسمي مدام تيناردييه، نحن ندير هذا الفندق."

كانت هذه السيدة تيناردييه امرأة ضامرة، عظامها بارزة، لما تزل شابة، لها من العمر ثلاثون سنة بالكاد. وهي واقفة، بكتفي الرجل اللذين لها وهيئتها الشريرة، كانت تخيف. لكن المسافرة كانت تراها وهي جالسة. شخص جالس بدلا من أن يكون واقفا، وها هي حياة بأكملها تتغير!

حكت المسافرة حكايتها:إنها عاملة؛ مات زوجها؛ العمل مفقود في باريس؛ تركت باريس هذا الصباح؛ كانت تحمل طفلتها وأحست بالتعب. تابعت المرأتان الحديث:

« Comment s'appelle votre enfant ?

- Cosette.

- Quel âge a-t-elle ?

- Elle va avoir trois ans.

- C'est comme ma première fille. »

Cependant les trois petites filles se groupent; une petite bête vient de sortir de terre; et elles ont peur, et elles sont intéressées en même temps. Leurs fronts heureux se touchent.

« Les enfants, s'écrie la mère Thénardier, se connaissent tout de suite ! On dirait trois sœurs ! »

La nouvelle venue prend alors la main de la Thénardier, la regarde dans les yeux et dit :

« Voyez-vous, je ne peux pas emmener ma fille dans mon village. Le travail ne le permet pas. Voulez-vous me garder mon enfant ?

- Je ne sais pas, dit la Thénardier.

- Je donnerai six francs par mois. »

Alors une voix d'homme crie au fond de l'hôtel :

« Pas à moins de sept francs. Et six mois payés d'avancez.

-Je les donnerai, dit la mère. J'ai quatre-vingts francs. Il me restera de quoi aller à mon village à pied. Je gagnerai de l'argent là-bas, et quand j'en aurai un peu, je reviendrai chercher la petite. »

Le marché est passé. La mère couche la nuit à l'hôtel, donne son argent et laisse son enfant.


"ما اسم ابنتك؟

- كوزيت.

- كم عمرها؟

- ثلاث سنوات عما قريب. - مثل ابنتي الأولى."

في هذه الأثناء تجمعت البنات الثلاث؛ خرجت دودة صغيرة من الأرض، فخفن، وفي الوقت نفسه استمالت الواحدة قلب الأخرى. كانت جباههن السعيدة تتلامس، فصاحت السيدة تيناردييه:

"يعرف الأطفال بعضهم في الحال؛ كأنهن أخوات ثلاث!"

عند ذلك، أخذت القادمة الجديدة يد السيدة تيناردييه، نظرت في عينيها، وقالت:

"كما ترين، لا يمكنني اصطحاب ابنتي إلى قريتي، قالعمل لا يسمح بذلك. هلا أردت رعاية طفلتي لي؟ - أنا لا أعلم، قالت السيدة تيناردييه. - سأقدم ستة فرنكات كل شهر."

عند ذلك صاح صوت رجل من داخل الفندق:

"ليس أكثر من سبعة فرنكات. وستة أشهر مدفوعة سلفا.

- سأعطيها، قالت الأم. عندي ثمانون فرنك. سيبقى لي ما أحتاجه للذهاب إلى قريتي على قدميّ. سأكسب نقودا

هناك، وعندما يكون عندي قليل منها، سأعود بحثا عن الصغيرة."

تم التفاهم بين الطرفين. نامت الأم ليلتها في الفندق، أعطت نقودها وتركت طفلتها.



Quand la mère de Cosette est partie, l'homme dit à la femme :

« Cela va m'aider à payer demain les cent dix francs que je dois. Il m'en manquait cinquante. Sans toi et les petites, j'allais en prison. Ah ! tu es adroite.»


عندما ذهبت أم كوزيت، قال الرجل لزوجته:

"سيساعدني هذا على أن أدفع غدا مائة وعشرة فرنكات عليّ. كان ينقصني خمسون. دونك والصغيرتين، كنت سأذهب إلى السجن. آه! ما أحذقك."

Deux laides figures

Qui sont les Thénardier ? Ni de bons ouvriers, ni des gens intelligents. On ne peut être sûr de gens pareils, ni de ce qu'ils ont fait, ni de ce qu'ils feront.

Ce Thénardier raconte qu'il a été soldat, qu'il a fait la guerre en 1815 et qu'il a sauvé un colonel. Mme Thénardier, elle, lit des livres d'amour bêtes et elle a appelé ses deux filles Eponine et Azelma. Leur hôtel marche mal et, le deuxième mois, la femme porte à Paris le linge et les vêtements de Cosette. Elle reçoit soixante francs et habille l'enfant, qui n'a plus de linge ni de vêtements, avec les vieilles jupes et les vieilles chemises des petites Thénardier. On lui donne à manger les restes de tout le monde, un peu mieux que le chien, un peu plus mal que le chat.

Comme on le verra plus tard, la mère, qui a trouvé du travail à Montreuil-sur-Mer, écrit, ou pour mieux dire, fait écrire tous les mois pour avoir des nouvelles de son enfant. Les Thénardier répondent chaque fois: « Cosette va très bien. »

Les six premiers mois passés, la mère envoie sept francs pour le septième mois, et continue ses envois de mois en mois. L'année n'est pas finie que .le Thénardier dit : « Nous n'avons pas assez avec sept francs. » Et il en demande dix. La mère croit que son enfant est heureuse et envoie les dix francs.

Certaines femmes ne peuvent aimer d'un côté sans haïr de l'autre. La mère Thénardier aime ses deux filles et va haïr l'étrangère. Voilà où peut conduire l'amour d'une mère ! Cosette tient bien peu de place.

شخصيتان كريهتان


من هم التيناردييه؟… ليسوا عمالا جيدين ولا أناسا ذكيين، ولا يمكننا أن نثق بأناس على هذه الشاكلة، ولا بما فعلوا ولا بما سيفعلون.

هذا التيناردييه يحكي أنه كان جنديا، أنه خاض الحرب سنة 1815، وأنه أنقذ عقيدا. أما مدام تيناردييه، فهي تقرأ كتب الحب الرديئة وسمت ابنتيها إيبونين وأزليما.

فندقهم لا يمشي. وفي الشهر الثاني من وصول كوزيت، حملت المرأة ملابسها الداخلية وثيابها إلى باريس، مقابل ستين فرنك، وألبست الطفلة التي لم يعد لديها لا ملابس داخلية ولا ثياب تنانير الصغيرتين تيناردييه.قمصانهما القديمة.قدموا لها من الأكل فضلات الجميع، أفضل قليلا من الكلب وأسوأ قليلا من القط.

وكما سنرى فيما بعد، كتبت الأم التي وجدت عملا في مونترييْ-سير-مير، أو لنقل بشكل أفضل، جعلت من يكتب لها كل شهر للحصول على أخبار طفلتها.في كل مرة، كان التيناردييه يجيبان:"كوزيت على أحسن ما يرام."بعد مضي الستة الأشهر الأولى، أرسلت الأم سبعة فرنكات للشهر السابع، واستمرت ترسل من شهر لشهر.لم تنته السنة بعد ليقول التيناردييه:"لا تكفينا السبعة فرنكات."وطلبوا عشرة.ظنت الأم أن طفلتها سعيدة، فأرسلت العشرة فرنكات. يمكن لبعض النساء أن تحب من ناحية دون أن تكره من ناحية أخرى. كانت الأم تيناردييه تحب ابنتيها، وستكره الغريبة.ها إلى أين يمكن أن يوصل حب أُم!كانت كوزيت تحتل مكانا جِد صغير.

Pourtant cette mère trouve que c'est encore une place prise à ses filles et Cosette ne fait pas un mouvement sans recevoir des coups.

La Thénardier étant méchante pour Cosette, Eponine et Azelma, ses filles, sont méchantes aussi. Les enfants, à cet âge, sont ce que sont leurs parents, en plus petit.

Une année passe, puis une autre. On dit dans le village : « Ces Thénardier sont de braves gens. Ils ne sont pas riches et cependant ils élèvent une pauvre enfant qu'on a laissée chez eux ! » On croit Cosette oubliée par sa mère.

Peu à peu l'enfant devient la servante de la mai- son. On lui fait balayer les chambres, la cour, la rue, laver les assiettes, porter les paquets. La mère, restée à Montreuil-sur-Mer, commence à mal payer. Cosette, si jolie et si fraîche à son arrivée dans cette maison, est maintenant maigre et jaune. Elle a toujours l'air d'avoir peur.


ومع ذلك، كانت هذه الأم تجد أنه مكان مأخوذ من ابنتيها أيضا، ولم تكن كوزيت تقوم بحركة دون أن تتلقى الضربات.

لكون الأم تيناردييه شريرة مع كوزيت، كانت إيبونين وأزيلما، إبنتاها، شريرتين أيضا. في هذه السن، الصغار هم من هم عليه آباؤهم بشكل مصغر.

مضت سنة، ثم أخرى. كان الناس في القرية يقولون: "هؤلاء التيناردييه أناس طيبون. ليسوا أغنياء ومع ذلك يربون طفلة فقيرة تركها أهلها عندهم!"كانوا يظنون أن كوزيت قد نسيتها أُمها.

شيئا فشيئا أصبحت الطفلة خادمة البيت، جعلوها تكنس الغرف، والفناء، والشارع، تغسل الصحون، تحمل الأكياس.وبدأت الأم التي بقيت في مونترييْ-سير-مير لا تدفع كما يجب. وأصبحت كوزيت، جِد الجميلة جِد النضرة عند مقدمها إلى هذا البيت، أصبحت الآن هزيلة وصفراء، وهيئتها تنبؤ بالخائفة دوما.

Monsieur Madeleine

Cette mère, qui, pour les gens de Montfermeil, semble avoir oublié son enfant, que devient-elle ? Que fait-elle ?

Après avoir laissé sa petite Cosette aux Thénardier, elle a continué son chemin et elle est arrivée à Montreuil-sur-Mer. Cette ville a bien changé depuis une dizaine d'années. Vers la fin de 1815, un homme, un inconnu, est venu et en moins de trois ans il est devenu riche et il a rendu tout le monde riche. Grâce à lui, Montreuil est devenue une ville d'affaires qui commerce jusqu'à Londres, Madrid et Berlin. Le père Madeleine gagne beaucoup d'argent et la deuxième année il construit une grande usine. Ceux qui ont faim peuvent s'y présenter. Ils sont sûrs de trouver là du travail.

On ne sait rien du passé de cet homme. On raconte qu’il est venu dans la ville avec peu d’argent, quelques centaines de francs au plus, et qu’il avait les vêtements et la façon de parler d’un ouvrier. Il paraît que le jour où il a fait son entrée dans la petite ville, le sac au dos et le bâton à la main, le feu a pris à la mairie. Il s’est jeté dans le feu ; il a sauvé les deux enfants d’un gendarme, et on n’a pas pensé à lui demander d'explications. Depuis, on a su son nom. Il s'appelle le père Madeleine. C'est un homme d'environ cinquante ans, qui a l'air sérieux et qui est bon. Voilà tout ce qu'on peut dire.



السيد مادلين

هذه الأم، التي يبدو أنها نسيت طفلتها في نظر سكان مونفيرميْ، كيف أضحت؟ ماذا فعلت؟

بعد أن تركت صغيرتها كوزيت لموسيو ومدام تيناردييه، واصلت طريقها ووصلت إلى مونترييْ-سير-مير. لقد تبدلت هذه المدينة كثيرا منذ نحو عشر سنين. حوالي نهاية 1815، جاء رجل لا يعرفه أحد، وفي أقل من ثلاث سنين أصبح غنيا وأرجع كل الناس أغنياء. بفضله، أصبحت مونترييْ مدينة أعمال تتاجر حتى لندن، مدريد وبرلين. ربح الأب مادلين كثيرا من النقود وفي السنة التالية بنى مصنعا كبيرا يمكن الذين كانوا جوعى أن يتقدموا للعمل فيه، وهم متأكدون من أن يجدوا هناك عملا.



لم يكن أحد يعرف شيئا عن ماضي هذا الرجل. يُحكى أنه أتى المدينة مع قليل من النقود، على الأكثر بضع مئات من الفرنكات، وكانت له ثياب وطريقة كلام العامل. ويبدو أنه في اليوم الذي دخل فيه المدينة الصغيرة، حقيبة على الظهر وعصا باليد، قد اشتعلت النار في البلدية، فرمى بنفسه في النار، وأنقذ طفلين لدركي، ولم يفكر أحد أن يستوضحه عن أمره. ومنذ ذلك الوقت، عرف الناس إسمه.كان يدعى الأب مادلين.كان له من العمر حوالي الخمسين سنة، كانت له هيئة جادة، وهو طيب. هذا كل ما يمكن للناس قوله.


En 1820, cinq ans après son arrivée à Montreuil-sur-Mer, le roi le nomme maire de la ville. Il refuse; mais on le prie tant qu'il doit dire oui. C'est une vieille femme du peuple qui l'a décidé. Elle lui a crié : « Un bon maire, c'est utile. Est-ce qu'on recule devant le bien qu'on peut faire ? »

Le père Madeleine était devenu M. Madeleine. M. Madeleine devient M. le maire... Il reste aussi simple que le premier jour. Il a les cheveux gris, l'œil sérieux, la peau dure de l'ouvrier. Il porte habituellement un grand chapeau et une longue veste de drap. Il remplit ses devoirs de maire; mais, en dehors de la mairie, il vit seul. Il parle à peu de monde, salue de loin, sourit, s'en va vite.

Il n'est plus jeune, mais on dit qu'il a une force étonnante. Il aide qui en a besoin, relève un cheval, pousse une roue, arrête par les cornes une bête qui se sauve. Il a toujours sa poche pleine de monnaie en sortant, et vide en rentrant. Quand il passe dans un village, les enfants courent joyeusement vers lui et l'entourent.

Il fait beaucoup de bonnes choses en se cachant comme on se cache pour les mauvaises. Il est aimable et triste. Le peuple dit : « Voilà un riche qui n'a pas l'air content. »

Quelques-uns racontent qu'on n'entre jamais dans sa chambre où il y a seulement un lit de fer, une chaise et une table de bois blanc. Pour d'autres, il a de grandes sommes chez Laffitte et il a demandé qu'il puisse toujours les emporter en quelques minutes. En fait, ses millions sont seulement six cent trente ou quarante mille francs.


في 1820، خمس سنوات بعد وصوله إلى مونترييْ-سير-مير، عينه الملك رئيسا لبلدية المدينة، فرفض، لكن الأهالي طلبوا إليه وشددوا الطلب أن عليه أن يقول نعم.أقنعته امرأة عجوز من الشعب، صاحت به: "رجل حسن، هذا أمر نافع. هل نتراجع أمام الخير الذي يمكننا فعله؟"

أصبح الأب مادلين السيد مادلين، وأصبح السيد مادلين السيد رئيس البلدية… بقي بسيطا كما كان في يومه الأول.كان له شعر رمادي، وعين جادة، وجلد العامل الخشن.من العادة ما يرتدي قبعة كبيرة وسترة طويلة من الصوف.كان يقوم بواجباته كرئيس للبلدية، ولكن، خارج البلدية، كان يعيش وحيدا. كان يتكلم مع قليل من الناس، يحيي من بعيد، يبتسم، ويذهب بسرعة.

لم يعد شابا، ولكن يقال إن له قوة مدهشة. كان يساعد كل محتاج، يرفع حصانا، يدفع عجلة، يوقف حيوانا هاربا من قريته.كان جيبه ممتلئا بالنقود دائما لما يخرج، وفارغا لما يعود. وعندما يمضي في القرية، كان الأطفال يركضون نحوه بفرح ويحيطون به. كان يفعل كثيرا من الأشياء الحسنة خفية كما يخفي الناس أنفسهم لسوء ما فعلوا. كان محبوبا وحزينا، وكان الشعب يقول: "ها هو ثريٌّ غير مسرور." حكى البعض أن لا أحد أبدا يدخل غرفته حيث يوجد فيها سرير من حديد فقط وكرسي وطاولة من الخشب الأبيض. ولآخرين، كانت له مبالغ كبيرة عند المصرفي لافيت، وقد طلب أن يقدر دوما على حملها في بضع دقائق. في الواقع، كانت ملايينه ستمائة وثلاثين أو أربعين ألف فرنك فقط.


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